Sabrina Medjebeur est une essayiste et chroniqueuse française d’origine algérienne, née en janvier 1982 à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Devenue l’une des intervenantes les plus visibles des antennes du groupe Bolloré, elle est régulièrement présentée comme “essayiste et sociologue” sur CNews et Europe 1. Sur son propre compte X (anciennement Twitter), elle se décrit toutefois comme “Auteur et intervenante @Cnews” — sans mentionner le titre de sociologue. Cette dissonance entre la présentation télévisée et l’autopresentation a fait l’objet d’une enquête d’Arrêt sur images publiée le 4 juin 2026, révélant qu’aucune thèse de doctorat à son nom n’apparaît dans la base nationale theses.fr.
Un parcours professionnel ancré dans le conseil en image et le coaching
Avant de devenir une figure médiatique, Sabrina Medjebeur a construit sa carrière dans le conseil en image et le développement personnel. D’après son profil LinkedIn, elle détient un master II en droit des affaires internationales de l’université Paris-Nanterre et une certification en coaching professionnel obtenue auprès de Linkup Coaching en 2014.
Elle a créé deux structures portant des noms quasi identiques dans le 16e arrondissement de Paris. La première, l’Ecole Française Supérieure de Conseil en Image (SAS, SIREN 887 876 308), a été immatriculée le 30 juillet 2020. La seconde, l’Ecole Française Supérieure du Conseil en Image — EFSCI (SASU au capital de 100 euros, SIREN 899 565 329), a été enregistrée le 16 février 2021, puis radiée d’office le 3 janvier 2023 après cessation d’activité constatée en septembre 2022. Sabrina Medjebeur en était la présidente et actionnaire unique. Aucun compte annuel n’a été déposé pour l’une ou l’autre de ces entités, selon Pappers.
Son activité individuelle enregistrée sous le nom “Medjebeur Sabrina” (SIREN 803 970 516), dans le secteur du conseil en relations publiques et communication, a elle aussi été radiée, au 31 décembre 2025, d’après Infonet.
Le doctorat de l’EHESS : une affirmation sans trace vérifiable
Plusieurs sites Internet — principalement des blogs de biographies et des pages générées automatiquement — attribuent à Sabrina Medjebeur un doctorat en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Cette information est reprise tel quel par la plupart des intelligences artificielles interrogées, comme l’a documenté l’enquête d’Arrêt sur images.
En septembre 2025, le sociologue Stéphane Le Lay a interpellé publiquement l’EHESS sur LinkedIn, signalant n’avoir trouvé aucune thèse au nom de Medjebeur dans le fichier central des thèses. Une recherche sur theses.fr — la base de données nationale qui recense toutes les thèses soutenues en France depuis 1985 — ne renvoie aucun résultat pour ce nom, ni parmi les thèses soutenues, ni parmi celles en préparation.
Le titre de “sociologue” n’étant pas protégé en France, n’importe qui peut s’en prévaloir sans diplôme. L’usage indu d’un titre de docteur rattaché à un établissement précis tomberait en revanche sous le coup de l’article 433-17 du Code pénal. Aucune procédure judiciaire n’a été rendue publique à ce sujet.
Aucune publication universitaire à comité de lecture, aucun directeur de thèse et aucune affiliation à un laboratoire de recherche n’ont pu être identifiés dans les sources accessibles.
Deux essais chez des éditeurs à publication participative
Sabrina Medjebeur est l’autrice de deux ouvrages. Femmes, éducation et banlieue : le triptyque du communautarisme, paru en février 2020 aux Editions Baudelaire, porte sur les modes d’éducation différenciés entre filles et garçons dans certains quartiers franciliens. Le dévoilement français, publié en mai 2024 aux éditions Le Lys Bleu, propose une analyse du voilement et du vêtement féminin en France.
Les Editions Baudelaire et Le Lys Bleu fonctionnent sur un modèle d’édition à compte d’auteur ou de publication participative. Aucun des deux livres n’a été publié chez un éditeur universitaire ou une maison de sciences humaines à comité de lecture. C’est sur la base de ces publications que Le Figaro l’a présentée comme “essayiste” dans une tribune publiée dans FigaroVox en mai 2024.
Une présence médiatique concentrée sur les chaînes Bolloré
L’essentiel de la visibilité médiatique de Sabrina Medjebeur se concentre sur les antennes du groupe Bolloré. Elle intervient dans des émissions comme L’Heure des Pros, 100% Politique, 100% Frontières et Midi News sur CNews, ainsi que dans Christine Kelly et vous sur Europe 1. Ses thèmes de prédilection tournent autour de l’immigration, la sécurité, la laïcité, le communautarisme et l’intégration.
Elle a également accordé des entretiens à Boulevard Voltaire et à Frontières Média, deux plateformes identifiées comme relevant de la droite radicale ou de l’extrême droite par les principaux observateurs du paysage médiatique français.
Sur le plateau de Morandini Live en septembre 2023, elle a déclaré avoir grandi dans des quartiers populaires, être née en France de parents d’origine algérienne et devoir “tout à la République.” Elle revendique des racines kabyles et se présente comme “féministe universaliste.”
Une prestation facturée à la campagne de Marion Maréchal
Selon une enquête de Mediapart publiée en juin 2025 sur les comptes de campagne de Marion Maréchal pour les élections européennes de 2024, Sabrina Medjebeur a facturé 1 500 euros au titre d’une “intervention maquillage coiffure et conseil style vestimentaire.” Cette prestation relève directement de son activité professionnelle de conseil en image. Cette double casquette — prestataire rémunérée par une candidate politique et intervenante sur des chaînes d’information — n’est généralement pas mentionnée lors de ses passages à l’antenne.
Origines, âge et vie privée
Sabrina Medjebeur est née en janvier 1982, selon les données du registre du commerce (Pappers). Wikidata indique la date du 28 janvier 1982 à Montreuil, sans citer de source primaire. En septembre 2023, elle a déclaré avoir 41 ans à l’antenne, ce qui concorde avec une naissance en 1982.
Un profil Copains d’avant mentionne une “Sabrina Medjebeur” née en 1988 à Toulon. Il s’agit vraisemblablement d’une homonyme, les deux parcours n’ayant aucun point de recoupement.
Aucune information publique fiable n’est disponible concernant un éventuel conjoint, un mariage ou des enfants. Les sites qui abordent cette question se limitent tous à constater la même absence de données, sans pouvoir apporter de réponse.
Son adresse résidentielle n’est pas documentée de manière publique. Elle a mentionné habiter dans le secteur de la Porte de Saint-Cloud lors d’un témoignage sur CNews en mai 2026, à propos d’une intrusion dans sa résidence en marge d’un match du PSG.
Ce que les concurrents ne vérifient pas
La quasi-totalité des articles de biographie disponibles en ligne sur Sabrina Medjebeur présentent les mêmes faiblesses. Ils reprennent sans vérification le doctorat de l’EHESS, attribuent à l’EFSCI le statut d’un établissement d’enseignement supérieur reconnu sans vérifier les registres du commerce, inventent des projets futurs (“expansion internationale,” “troisième livre en préparation”) sans aucune source identifiable, et remplissent leurs articles de formulations laudatives dépourvues de base documentaire. Certains présentent des données manifestement générées par intelligence artificielle, incluant des tableaux de “taille” (1m64) ou de “fortune” sans la moindre source.
Les données vérifiables, résumées dans cet article, reposent sur des registres publics, des déclarations directes à l’antenne et des enquêtes journalistiques documentées.
Plus de blogs: Mathieu Bohringer
Sources : Arrêt sur images | Mediapart | Pappers | theses.fr | Europe 1


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