Jérôme Pellistrandi est général de brigade (2e section) de l’armée de terre française, rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale depuis l’été 2014 et consultant défense pour BFMTV, CNews, France Inter, France Info et Radio Classique. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, il est devenu l’un des visages les plus reconnaissables de l’analyse militaire à la télévision française. Pourtant, aucune page Wikipédia ne lui est consacrée — ce qui explique pourquoi la requête « Jérôme Pellistrandi Wikipédia » génère autant de recherches. Les téléspectateurs qui le voient quotidiennement décrypter les crises internationales cherchent une fiche de référence qui n’existe tout simplement pas.
L’historien Benoît Pellistrandi, né en 1966, dispose quant à lui d’une page Wikipédia. Aucun lien de parenté entre les deux n’est documenté dans les sources publiques accessibles. Cette homonymie partielle peut alimenter la confusion.
De Saint-Cyr aux opérations extérieures
Jérôme Marc Marie Lucien Pellistrandi — son nom complet tel qu’il apparaît dans les décrets du Journal officiel — a effectué son service militaire dans le cadre du contingent 80/10, avant d’intégrer l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1983. Il appartient à la promotion « Lieutenant-colonel Gaucher » (1983-1986) et choisit l’arme des transmissions.
Sa carrière opérationnelle comprend trois séjours en opérations extérieures en Afrique, notamment au Tchad, un déploiement aux États-Unis entre septembre 2003 et février 2004 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ainsi que le commandement du Bataillon de commandement et de soutien n°8 au Kosovo de janvier à mai 2006. Les archives du Journal officiel documentent sa progression de grade : capitaine en août 1990, commandant en décembre 1996, lieutenant-colonel en décembre 2000, colonel au 1er juillet 2004.
De 2005 à 2007, il commande le 28e régiment de transmissions à Issoire (Puy-de-Dôme), spécialisé dans les systèmes d’information et de communication projetables. Il prend ensuite la tête de la brigade de commandement multinational du Corps européen à Strasbourg, de 2007 à 2009 — un poste qui reflète son profil international, renforcé par ses brevets de l’enseignement militaire supérieur français et espagnol et son passage comme auditeur au Collège de défense de l’OTAN.
Un doctorat sur la transformation de l’armée espagnole
Parallèlement à ses fonctions opérationnelles, Pellistrandi a mené un parcours universitaire jusqu’au doctorat. Il soutient en 2011 à l’École pratique des hautes études une thèse d’histoire contemporaine intitulée « La transformation de l’institution militaire espagnole des années 1940 à nos jours », dirigée par le stratégiste Hervé Coutau-Bégarie. Ce travail analyse le passage de l’armée espagnole, pilier du régime franquiste, à un outil professionnalisé et intégré à l’OTAN après la Transition démocratique.
Il détient également un DEA et un master en relations internationales, a enseigné à l’université de droit de Clermont-Ferrand à partir de 2000 et à l’École supérieure de commerce de la même ville à partir de 2006. En août 2011, un arrêté le nomme personnalité qualifiée au conseil scientifique de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM), alors qu’il occupe le poste de directeur des études et de la prospective à l’École des transmissions de Cesson-Sévigné.
À la tête de la Revue Défense Nationale et des sessions IHEDN
Le passage vers la vie intellectuelle et médiatique s’opère à l’été 2014, lorsqu’il succède au contre-amiral Jean Dufourcq au poste de rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale, la plus ancienne revue stratégique française, fondée en 1939 et hébergée à l’École militaire de Paris. Le 1er décembre 2018, il est nommé général de brigade en deuxième section — c’est-à-dire dans la réserve — par décret publié au Journal officiel le 25 septembre 2018.
En parallèle, il est chargé des sessions régionales de l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), des formations qui sensibilisent cadres civils et militaires aux enjeux de défense et de sécurité nationale.
En mars 2026, il publie « Les armées françaises » dans la collection « Que sais-je ? » aux Presses universitaires de France, un ouvrage qui retrace l’organisation, les missions et l’ancrage politique des forces armées dans les institutions de la Ve République. Il en assure la promotion sur France Info le 20 avril 2026.
Décorations : une mise à jour que les concurrents ignorent
Plusieurs sites répètent encore que Pellistrandi est chevalier de la Légion d’honneur. Cette information est obsolète. Un décret publié au Journal officiel le 9 juillet 2024 le promeut au grade d’officier de la Légion d’honneur, au titre du ministère des Armées, en qualité de « rédacteur en chef d’une revue de défense ». Il était chevalier depuis le 26 juin 2002. Il est par ailleurs officier de l’Ordre national du Mérite depuis mai 2015 et titulaire de la Ehrenkreuz d’argent de la Bundeswehr allemande.
Ce que l’on ne sait pas : âge, vie privée, famille, fortune
Sa date de naissance exacte n’apparaît dans aucune source officielle accessible. Plusieurs sites la mentionnent sans jamais citer de source primaire vérifiable. Son entrée à Saint-Cyr en 1983 et son passage par le contingent 80/10 permettent d’estimer qu’il est né au début des années 1960, sans qu’une date précise puisse être confirmée.
Aucune information publique fiable n’est disponible concernant sa situation matrimoniale, une éventuelle épouse ou des enfants. Cette discrétion est habituelle chez les officiers généraux français et ne doit pas être interprétée comme une information en soi. De même, aucune donnée sur sa fortune ou ses revenus n’est publiquement documentée — les grilles de rémunération des officiers généraux en deuxième section relèvent du cadre réglementaire de la fonction publique militaire, mais le montant individuel n’est pas public.
Un portrait publié par Ouest-France à l’été 2026 mentionne qu’il passe ses vacances à Plouguiel, dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne — un rituel breton qu’il décrit comme un moyen de « se replonger dans de vraies racines », en contraste avec ce qu’il qualifie de « réalité du monde vraiment extrêmement inquiétante ».
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Sources : Journal officiel (JORF) | Revue Défense Nationale | Ouest-France | theses.fr | BFMTV

